Michèle Bernard, femme engagée, femme poète. On la connaît, elle en a
joué et monté des spectacles, composé et enregistré des albums, aux
textes militants, et verve poétique. Elle écrit sur la vie, des
histoires qui font frémir, des récits politiques, des descriptions
mélancoliques, la vieillesse, la mort... « Vieilles, vieilles, on
s'achemine, est-ce qu'on glissera jusqu'à l'automne. »
Rares
sont les chanteurs ou chanteuses ayant abordé avec autant de poésie et
de crudité du « tout qui s'débine » Chansons rebelles,
tristes et gaies, Michèle entame avec ce nouveau répertoire une mer de
mélancolie. Son nouvel album est une respiration. Cette grande dame, de
la même veine que Anne Sylvestre, Francesca Solleville, cette fervente
admiratrice de l'infatigable militante Louise Michel, redonne de
l'éclat à la chanson. Féministe, elle chante aussi pour ces vierges
noires qui attendent le client à la lumière d'une bougie le sexe
payant, dominant. Enfin, une chanson sur la prostitution qui ne clame
pas les qualités de ce foutu métier trop vieux soi-disant pour pouvoir
l'enrayer. Enfin des mots pour dénoncer « Celui qui paie (et qui)
ne sait rien d'elle », ces clients affamés, la queue-radar et
vénale à l'affût d'une satisfaction immédiate.
Alors respect pour cette dame de la chanson qui ne mâche pas ses mots.
Dommage
que les ondes des radios et les plateaux guimauve des télés nous
privent de cette voix, de ces textes rageurs et pertinents qui font du
bien à la pensée.
Ainsi soit-elle !
Le site de Michèle Bernard
Françoise Jallot